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L'ART DE L'ARTISANAT AFRICAIN DE QUALITÉ
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Les différentes ethnies au Mali

un peuple, un but, une foi
La république du Mali est limitée au nord par l’Algérie, le Niger et le Burkina à l’est, la Côte d’Ivoire et la Guinée au sud, le Sénégal et la Mauritanie à l’ouest . Le Mali est un pays relativement grand, puisque sa superficie (1,2 million de km2) correspond à peu près à 30 fois la Suisse !
Ce qui correspond aussi à une superficie équivalente à celles de la France, Royaume-Uni, Belgique et des Pays-Bas réunis.
La distance entre le nord et le sud du Mali est de 1600 kilomètres. Le pays est divisé en huit régions administratives: Tombouctou, Kidal, Gao, Mopti, Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou, auxquelles s’ajoute le district de la capitale, Bamako.

Les différentes ethnies au Mali
 Touareg 
LES TOUAREG

Les touareg (targui au singulier) sont des nomades berbères Zenega. Ils sont répartis entre une multitude de fractions éparpillées au Sahara jusqu'à Tombouctou.
Dans l'ensemble, chez les Touareg, le sang noir prédomine en raison, d'une part, du nombre important d'esclaves noirs avec lesquels ils sont constamment en contact et qui, même libre, se font recenser avec leurs anciens maîtres dont ils ont adopté la langue, la religion et le mode de vie, et d'autre part, des relations de commerce qu'ils ont eues de tout temps avec les peuples sédentaires en général et les Sonraï en particulier et qui ont eu pour conséquence un nombre considérable de métis de touareg qui constitue l'élément démographique essentiel des Ksour (villages sahariens)

Ainsi donc le nombre des Touareg maliens qui ont échappé au métissage et assez réduit et c'est précisément leur petit nombre qui les condamne à l'absorption par les populations noires, d'autant plus que s'enfonçant de plus en plus à l'intérieur de la boucle du Niger ils y subissent largement l'influence noire. Ce ne sera après tout qu'une réédition contemporaine de ce qui a du se passer jadis lorsque les Empires du Ghana et du Songhay, fondés, selon les légendes, par des émigrants blancs, passèrent finalement aux mains des princes noirs et que de métissage en métissage la pigmentation blanche finit par céder complètement le pas à la couleur noire.

 Peul 
Les peuls

Sous le terme de ''peuls'' on a coutume de désigner des individus tant sur le plan somatique que sur le plan ethnique. Il est vrai que le peul correspond au type pur, c'est-à-dire ayant un teint clair voire basané comme l'étaient, selon la tradition, les ancêtres foulbé(poullo au singulier) ne se rencontre que très rarement.

Il en existe quelques îlots dans certaines régions, tels que les rangabé par exemple, dans la zone sahélienne ; mais la grande majorité de ceux qui se disent peuls est plus ou moins métissé; certains d'entre eux sont d'ailleurs, parfois, plus foncés que les autres Noirs.

En effet on compte par exemple parmi les peuls leurs rimaïbé, c'est-à-dire les descendants de leurs anciens esclaves et leurs serviteurs, qui, quoique appartenant à diverses races noires, se sont mêlés et unifiés à leurs anciens maîtres.

Ils ont adopté toutes les coutumes des peuls bien qu'ils restent socialement dans un état d'infériorité vis-à-vis de ceux-ci. Aussi aucune appellation ne prête-t-elle autant confusion que celle du mot peul.

Quoiqu'il en soit, les peuls ou, du moins, tous ceux que l'on désigne sous ce vocable, sont si éparpillés que l'on en rencontre des rives du fleuve Sénégal à celles du lac Tchad et du Cameroun aux bords du Nil.

 Sarakollé 
Sarakollé
LES SARAKOLLES

Les saracollé ou Soninké, connus également sous le nom de Marka, sont d'extraordinaires voyageurs. Ils constituaient naguère cette corporation de colporteurs traditionnels, qui, avec celle des dioula, sillonnait tout l'Ouest africain.

Intrépides commerçants en même temps vaillants guerriers, ils allaient de pays en pays, de village en village, à la recherche du profit même dans les régions où régnait l'insécurité. De nos jours, utilisant les moyens de transports modernes, ils n'en continuent que mieux à poursuivre leurs pérégrinations à travers le monde.

Et puis riches ils finissent toujours, dans leur majorité, par revenir au pays où, au soir de leur vie, ils aiment raconter à l'envie, au pied de l'arbre à palabres de leur village, les nombreuses péripéties de leurs voyages à travers l'univers où leurs aventures, autrefois sur les de la cola jusqu'en pleine sylve ivoirienne, et aujourd'hui dans les pays diamantifères, rivalisent avec leurs bordées en Amérique, en Europe et en Asie quand ils étaient à bords des transatlantiques.

Car aventuriers par nature, ils ont également acquis depuis plusieurs décades une vocation d'inscrit maritimes si bien que de nombreux jeunes Saracollé servent de plus en plus, notamment comme chauffeurs, à bords des paquebots, caboteurs, bateaux pétroliers, etc...

En outre, ardents musulmans, autant qu'audacieux aventuriers et astucieux traitants, ils ont pu créer un peu partout et jusqu'au cœur des régions forestières des communautés islamiques, où du reste le mot Soninké est devenu souvent synonyme de marabout.

C'est ainsi, que par exemple, une colonie maraboutique saracollé fonda, il y a plus d'un demi-siècle, à Touba, dans l'Ouest du Fouta-Djallon, une brillante médersa aujourd'hui encore fort réputée dans le milieu musulman de l'Ouest africain. La dispersion du peuple saracollé est telle que certains des ses éléments sont difficilement identifiables du fait de leur absorption par les autochtones de leurs pays de résidences.

Il est cependant à remarquer que même en pareil cas ces colonies assimilées n'en conservent pas moins certains traits caractéristiques et certaines coutumes de leur ethnie d'origine et ne se réclament pas moins de celle-ci dans certaines circonstances.

A cet égard on pourrait citer l'exemple des Soninké qui, au moment de la dislocation de Wagadou, gagnèrent les pays du Sud.

L'une des régions où ils s'installèrent porte le nom de Kissidougou (pays de ceux qui sont sauvés). Les noms patronymiques des familles qui s'y établirent étaient Cissé, Sylla.

Elles ont peu à peu perdu l'usage de leur langue d'origine pour prendre celle des aborigènes et il est aujourd'hui difficile de les prendre pour les Soninké.

Il en a été de même d'une autre fraction qui s'établit entre San et Tombouctou et qui fut assimilée par les Sonraï.

En résumé, le moins qu'on puisse dire des Saracollé c'est qu'après avoir créé l'un des empires les plus puissants et les plus florissants au début de l'ère chrétienne: le Ghana, ils furent l'un des peuples les plus actifs de l'Afrique de l'Ouest, après la décadence de cet empire.

 Khassonké 
Khassonké
Les khassonké

Le Khasso (pays des Khassonké) se trouve enclavé dans ceux des peuples saracollé au Nord-Ouest, bambara au Nord-Est et Malinké au Sud.

Ces peuples, malgré leur importance numérique de beaucoup supérieure à celle des Khassonké et leur puissance, dans tous les domaines, beaucoup plus grande que la leur, n'ont pu cependant les absorber, ni les dominer assez longtemps.

Certes les Khassonké ont, sans doute, emprunté certaines des coutumes de leurs puissants voisins, mais ils ont tenu à avoir des mœurs qui leur soient propres, et qui leur ont permis de se créer une certaine originalité particulière notamment dans les domaines social et culturel.

Cependant, malgré l'intérêt qu'ils auraient pu susciter sur le plan ethnographique, peu d'ouvrages leur furent jusqu'ici consacrés.

Au demeurant, le seul livre de valeur scientifique qui mérite d'être retenu à ce sujet est, sans conteste, La monographie des Khassonké de Charles Monteil, qui contient des informations très fouillées sur eux.

Mais cet ouvrage étant quasi introuvable de nos jours, il m'a paru opportun de réserver un chapitre spécial à ce peuple très intéressant à plus d'un titre.

 MAURE 
MAURE
LES MAURES

Avant le rattachement en 1944 de la majeure partie du Hodh(cercles de Néma,d'Aïoul El Atrouss et subdivision de Timbédra) à la Mauritanie, le Mali comptait plusieurs tribus importantes de Maures parmi ses populations: Lakhal, Oulad nacer, Oulad M'barké, mechdouf, ladoum, etc.

Mais malgré cette importante amputation faite au territoire malien, il existe encore au Mali quelques tribus maures notamment au Nord où se trouve deux groupes importants : l'un au-dessus et l'autre au-dessous de Tombouctou, c'est-à-dire entre 16 et 18 degrés de latitude Nord et 4 et 6 degrés de longitude Ouest.

Par ailleurs la partie sahélienne du Mali, qui se trouve sur le 15è degrés de latitude Nord, reste toujours l'une des zones importantes de migration des Maures mauritaniens au point qu'il a fallu l'intervention d'un protocole d'accord entre les deux gouvernements pour que certaines fractions bedaïnes(maures) ne se fassent recenser au Mali qu'avec l'assentiment des autorités de Nouakchott, afin d'éviter le dépeuplement de certaines régions de la Mauritanie, tel que le Bassikounou, au profit du Mali.

Il s'agit surtout de bouviers, habitués à vivre beaucoup plis avec les autochtones noirs du Sud qu'avec leurs congénères chameliers du Nord et qui tirent l'essentiel de leurs ressources non du palmier-dattiers comme ces derniers, mais de la cueillette de la gomme arabique et des transports par bœufs porteurs.

Ils n'en sont pas moins sahariens car après un séjour de quelques mois au Sahel, pendant la saison chaude, ils remontent au grand Nord dès l'approche de l'hivernage c'est-à-dire début juin pour n'en redescendre qu'après les moissons c'est-à-dire début janvier au moment de la saison froide.

Cet état de choses peut donc m'amener à parler des Maures mauritaniens, ou tout au moins de ce qui paraîtra leur être propre, dans la description que je vais faire des origines, de l'histoire, du mode de vie et des techniques des Maures en général.

Au demeurant, à part ceux d'entre qui se sont sédentarisés ou semi-sédentarisés et qui, de ce fait, ont adopté le mode de vie des peuples auxquels ils se sont mêlés, rien ne distingue d'une façon tranchante les comportements et les coutumes d'un Maure de ceux d'un autre Maure.

Ceci est d'autant mieux établi qu'il est une rengaine populaire dont le refrain est: '' sourakhé soumbané '', ce qui veut dire exactement en saracollé ''peuple avec lequel ils vivent au Sahel'' par conséquent qui connaît mieux que tout autre ''tous les Maures sont les mêmes''.

Du fait que la mobilité de ces nomades il est très difficile de faire leur recensement. D'où il est fort possible que nombre d'entre eux aient pu échapper au recensement surtout si celui-ci a lieu pendant les grandes transhumances. Seul un nouveau recensement opéré avec des moyens matériels suffisants permettant de repérer leurs campements et de les y rejoindre rapidement pourrait nous donner des indications approchant le plus près possible de la réalité.

 BAMBARA 
Il faut remarquer que dans ces régions, les bambara sont mélangés à d'autres éléments d'ethnies différentes, mais ils y prédominent parfois sur ceux-ci au point qu'ils les ont quasiment absorbés.
LES BAMBARA

Les Ban-mâna, de Ban : refus et mâna: Maître, c'est-à-dire ceux qui ont refusé d'être dominés, plus communément connus sous le vocable de bambara que leur a donné le colonisateur européen, tiennent surtout par leur dialecte, dérivé de la langue mandingue, une place importante au sein des autres groupes ethniques du Mali. En effet la popularité du dialecte bambara est telle que l'observation non avertie pourrait s'imaginer que c'est l'ethnie bambara qui prédomine au Mali.

Par ailleurs l'illusion que donne la prédominance absolue du groupe bambara provient également du fait qu'en général les musulmans et en particulier les Toucouleurs désignent sous le nom de bambaran-kobé(les bambara) tous les non-mahométans du Mali.

Il est vrai que les bambara proprement dits sont très nombreux au point de rencontrer un peu partout, même au Sénégal, en Burkina Faso, en Guinée, en Mauritanie et en Côte-d'Ivoire, et au Mali ils constituent le groupe ethnique le plus important.

La grande masse des bambara, dont l'aire géographique s'étend du centre Est à l'Ouest du Mali, est répartie entre les régions de Ségou et de Niono, (delta central nigérien), du Bélédougou (cercle de Kolokani au Nord de Bamako) limitrophe de la zone sahélienne, du Kaarta , à cheval sur les cercles de Kita, au Sud et de Nioro au Nord et les cercles de Koulikoro, Dioïla, Banamba, Bougouni, Yanfolila, Kolondiéba et Sikasso.

Il faut remarquer que dans ces régions, les bambara sont mélangés à d'autres éléments d'ethnies différentes, mais ils y prédominent parfois sur ceux-ci au point qu'ils les ont quasiment absorbés.

Le peuple bambara n'a jamais constitué une unité politique. Il se compose d'un certain nombre de clans qui font descendre leurs membres des mêmes ancêtres réels et mythiques.

Les régions qu'ils occupent servaient à les distinguer les uns des autres, c'est-à-dire à désigner leurs membres. C'est ainsi qu'on dira Ségou-Kaou pour ceux de Ségou, Bélédougou-Kaou pour ceux du Bélédougou, Kaarta-Kaou pour ceux du Kaarta appelés aussi Massassi, c'est-à-dire ceux de la race de Massa, etc.

 Dogon 
Dogon
LES DOGON

Les Dogon ou Hambé(kaddo au singulier) constituent le peuple-type, qui, au Mali, a le mieux conservé son originalité, son homogénéité, ses mœurs et coutumes particulières et ses croyances séculaires.

Aussi, connaître leurs origines et leur mode de vie et étudier les causes qui ont permis à leurs traditions de résister aux assauts des apports extérieurs offrent-ils un grand intérêt à tout esprit ouvert aux grands courants de la civilisation des peuples à travers les âges.

D'éminents ethnologues, notamment le lieutenant Louis Desplagnes, Tauxier, le professeur Griaule et G. Dierterlen, nous ont déjà fourni une documentation très fouillée et très captivante sur la métaphysique d'une richesse naguère insoupçonnée de ce peuple si difficile à pénétrer et dont la vieille civilisation a pu rester relativement pure grâce au puissant site défensif que constituent les falaises de grès primaire dans lesquelles sont construits des villages acrobatiques, et qui, blottis sur des rocs verticaux, sont d'imprenables forteresses.

Cette étude se contentera donc de donner un aperçu sommaire mais suffisamment instructif sur l'organisation politique, la vie économique et sociale ainsi que sur les activités religieuses et culturelles de ce peuple montagnard, dont les membres sont considérés comme les enfants chéris des ethnologues.

Ils se divisent en Houmbébé, gens de la plaine de Gondo, à l'Est, et en Tombo, gens du plateau.

 Sonraï 
LES SONRAI

De tous les groupe ethniques du Mali, on peut dire que celui des Sonraï est l'un de ceux qui ont occupé une place importante, du fait de sa situation géographique.

En effet, installé à la frontière de l'Afrique blanche et de l'Afrique noire, le peuple Sonraï a bénéficié, de ce fait, à la fois des apports des pays méditerranéens, bien avant les autres, et de ceux des pays du sud qui entretenaient des relations commerciales avec les premiers à travers son territoire.

L'histoire songhay, a été, de ce fait, l'une de celles qui ont été les plus commentées par les chroniqueurs de langue arabe.

 DIAWARA 
LES DIAWARA

Contrairement à ce qu'on a coutume de dire, les Diawara n'appartiennent pas au groupe ethnique des Soninké ou Saracolé.

Leur peuple tire son nom générique du diamou (patronyme) qui aurait été originellement donné à leur ancêtre dans des circonstances particulières.

Certes, les Diawara pratiquent la langue saracolé, mais ils ne sont pas pour autant un sous-groupe de la grande famille Soninké.

D'ailleurs les Diawara répliquent toujours avec une pointe d'agacement, quand on leur dit être des Soninké, qu'ils sont Diawarau et non Soninké.

En vérité, les Diawara constituent un peuple à part, une sorte d'enclave au sein d'un groupe numériquement plus important mais qui n'a pu les absorber en raison des particularités qui leur sont propres et dont ils n'ont jamais voulu se départir afin de conserver leur originalité intacte.

En effet, malgré leur nombre réduit à quelques dizaines de milliers d'individus seulement, ils ont pu se regrouper et s'isoler dans le Kingui (cercle de Nioro) et le Bakhounou (cercle de Nara), respectivement fiefs des Diawara Sagoné et des Diawara-Dabora.

Ainsi ont-ils pu conserver leur homogénéité et se préserver contre toute tentative d'assimilation de la part des autres groupes ethniques, singulièrement de la part des Saracollé, plus nombreux, qui les environnent.

Les Diawara se caractérisent en somme par le fait que leur peuple est l'un de ceux qui ont su le mieux conserver leur unité et leurs coutumes malgré leurs dissensions internes.

Sans doute les Diawara ne sont-ils pas assez connus du fait de leur faible expansion. Mais du point de vue historique, ils ont derrière eux un passé dont les fastes et la gloire peuvent être comparés à ceux des plus grands empires de l'Ouest africain.

En effet, vainqueurs de leurs hôtes Saracollé, de la puissante agglomération de Diâra et des hordes du Silatigui (roi) de l'empire du Tekrour (Fouta sénégalais), adversaires acharnés des Bambara Massassi du Kaarta (cercle de Nioro), farouches ennemis du conquérant toucouleur El-Hadj Oumar, qui fut le seul à, avoir pu, depuis le XIXe siècle, les soumettre et en faire après avoir vaincu leur Kourougoumé (généralissime) Biranté Karounga Diawara ses alliés les plus fidèles et les plus courageux, les Diawara furent les maîtres d'un puissant royaume qui s'étendait au moment de son apogée du Ouagadou (Ghana) aux bords du fleuve Sénégal et du Hodh (Mauritanie) aux bords du Baoulé (cercle de Kolokani).

Mais des siècles de combats et de luttes intestines ont fini par réduire peu à peu l'étendue de leur territoire limité actuellement au Nord par le Hodh (malien et mauritanien), au sud par les contreforts du Kaarta, à l'Est par le Bélédougou et à l'Ouest par le Diafounou.

Ainsi confinés dans ce domaine territorial réduit, les Diawara ont pu préserver leurs coutumes ancestrales dont rien n'a pu entamer ni la pureté ni la vitalité.

Seules leurs colonies qui sont allées s'installer, soit à la suite des migrations volontaires, soit pour des raisons de guerres extérieures ou des dissensions au sein du groupe primitif, au milieu des races saracollé du Guidimakha et du Gadiaga, bambara dans le cercle de Kayes, Khassoaké dans le cercle de Bafoulabé, beaucoup plus nombreuses qu'elles, ont été amenées à adopter, par mimétisme, les coutumes de celles-ci sans pour autant perdre leur originalité ethnique.

En résumé, si le peuple Diawara s'avère une réalité incontestable, par contre la ''race'' Diawara n'existe pas. Les éléments qui constituent leur peuple originel sont d'ordre politique et historique et non d'ordre anthropologique ni linguistique.

Enfin, dans le cadre de cette étude, nous ne nous intéresserons qu'aux Diawara vivant dans leur cadre primitif où comme nous l'avons déjà indiqué, ils ont su garder leurs traditions dans toute leur pureté.

 BOZO ET SOMONO 
LES BOZO ET SOMONO

Contrairement aux sorko (pêcheurs de la boucle du Niger) qu'on considère comme faisant partie intégrante de la Société Sonraï du fait que, comme nous l'avons déjà vu, ils étaient en quelque sorte à la base de la création de celle-ci, les bozo, par contre, constituent un groupe spécifique n'ayant avec les populations qui les environnent que quelques affinités peu suffisantes pour les assimiler complètement à celles-ci.

C'est à tort que d'aucuns ont qualifié les bozo de gens de caste dans toute l'acceptation de cette appellation, car, d'origine noble et devenus émigrants à l'issue de la décadence de l'empire du Ghana dont ils faisaient partie, ils ont choisi d'être pêcheurs, parce que s'étant trouvés au bout de leur errance aux bords du Niger ils ont entrepris alors d'exploiter les ressources de ce fleuve pour subvenir à leur subsistance.

Ensuite, améliorant peu à peu leurs techniques, ils firent, en fin de compte, de la pêche leur principale activité à laquelle ils ajoutèrent quasi-monopole de la batellerie. C'est ainsi qu'ils devinrent les '' maîtres de l'eau ''.

Puis empruntant aux aborigènes des lieux où ils se fixèrent certaines des coutumes de ceux-ci, ils les combinèrent avec celles qu'ils avaient rapportées de leur pays d'origine et créèrent ainsi des traditions distinctes dans une large mesure, de celles des grands groupes ethniques.

Il y a lieu de signaler que les bozo ne sont pas les seuls exploiteurs professionnels du Niger Occidental.

On y rencontre en effet un autre groupe de pêcheurs appelés somono. Mais il n'existe pas d'ethnie somono à proprement parler, pas plus qu'il n'existe de coutumes somono.

En effet, au point de vue ethnique, le groupe se compose d'un mélange de plusieurs races : bambara, soninké, bobo, etc. Aussi, les somono ont-ils, pour la plupart, conservé les coutumes de leurs groupes d'origine avant d'adopter finalement les règles coraniques, à la suite de la conquête de leurs lieux de résidence par les Toucouleurs d'El Hadj Oumar.

Il s'ensuit donc que les traditions somono n'ont aucun caractère propre et ne méritent pas par conséquent d'être traitées à part car elles se confondent avec celles des autres groupes ethniques.

 TOUCOULEUR 
LES TOUCOULEURS

Il n'est pas question de faire ici une étude complète sur les Toucouleurs comme cela a été fait pour les autres groupes ethniques, car ils n'entrent pas tout à fait dans le cadre de cet ouvrage qui tend plutôt à faire connaître les civilisations des ethnies qui composaient le Mali préhistorique.

Nous n'en dirons donc que ce qui pourrait servir au lecteur à comprendre l'état social d'un groupe qui, venu de l'extérieur, s'est imposé aux autochtones par la force des armes.

En effet les Toucouleurs sont venus très tard au Mali où leur implantation s'est faite à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

Leur domination sur les autochtones du pays ne dura qu'un demi-siècle, mais elle eut l'avantage de créer un Empire homogène composé de Saracollé, Bambara, Malinké, Khassonké, Peuls, Dogon, etc. qui séparément ou en perpétuelles luttes.

Quoique étrangers eux-mêmes au pays qu'ils soumirent par les armes ils furent cependant de ceux qui s'opposèrent opiniâtrement à la pénétration française.

Si, après l'effondrement de l'Empire Toucouleur, certaines familles regagnèrent les rives du fleuve Sénégal, nombreux furent les Foutankobé (Foutanké au singulier) qui restèrent sur place créant çà et là de petits îlots indépendants parmi les populations qu'ils avaient naguère asservies

Il va sans dire que pour ce groupe ethnique qui ne saurait être passé sous silence, je serai amené, sinon pour leurs coutumes qu'ils, du moins en ce qui concerne leur histoire au Mali, à faire allusion dans une large mesure à l'époque coloniale étant donné qu'elle se confond avec la pénétration française.

Or, outre les originaires du Fouta-Toro et des autres régions connues soue le nom générique de Fouta tout court, il y avait parmi les soldats de leur chef et guide El-Hadj Oumar Tall des boundounkobé ou Boudounké originaires du Boundou, région située en bordure de la Falemé (en saracollé de fan diminutif de fangué = fleuve et lémé = fils de ou petit, dernier), affluent important du fleuve Sénégal, des Foulah (peuls) du Fouta-Djalon (République de Guinée) qui passent, du reste, pour être une branche des Toucouleurs venus s'établir vers 1700 dans cette région primitivement occupée par les Diallonki qu'elle asservit vers 1750 et des Diolfoubé (originaires du Diolof-Diolof (Sénégal) qui avaient suivi leur Roi Alboury N'Diaye, etc.

Qu'il suffise donc au lecteur d'apprendre d'où sont partis les ascendants des Foutankobé qui résident actuellement au Mali et dont le fanatisme religieux, allié à leur esprit aventureux et à leur goût du luxe, en avait fait les conquérants légendaires dont nos griots et nos aèdes chantent ou disent encore la gloire.

Ils sont partis des régions du Fouta bordant le cours inférieur du fleuve Sénégal, du Boundou situé le long de la Falemé, du Fouta-Djallon (République de Guinée) et d'autres régions du Sénégal tel que le Dioloff-Dioloff. Remontant le fleuve Sénégal, puis déferlant dans l'Ouest malien, ils se dirigèrent vers le Nord-Est pour atteindre finalement les falaises de Bandiagara

En ce qui concerne le nom Toucouleur qu'on leur donne, il semble que ce terme soit une déformation du mot Tekrour, nom de l'un des Empires contemporains du Ghana et berceau des Foutankobé.

 AUTRES GROUPES ETHNIQUES DU MALI 
LES AUTRES GROUPES ETHNIQUES DU MALI

Il s'agit d'une part de certains petits groupes aborigènes aux origines parfois mal définies, et d'autre part des allogènes en provenance d'autres pays d'Afrique, mais assez peu nombreux pour ne pas en faire une étude détaillée.

Les premiers, ayant conservé soit leur originalité propre soit certains de leurs caractères spécifiques, soit leur indépendance en se taillant des régions qui leur sont propres, méritent que quelques lignes leur soient spécialement consacrées.

Quant aux seconds, ils se composent d'abord de groupuscules stables dont la densité est beaucoup plus forte dans les centres urbains et les zones aménagées que dans l'arrière-pays ; ensuite d'une multitude d'individus venus de tous les horizons soit à la suite des envahisseurs, soit au hasard des pérégrinations consécutives à leurs activités commerciales.

Dans le premier groupe se classent notamment les Ouoloff et les Mossi qui cherchent à se regrouper partout où ils se sentent quelque peu nombreux pour former une petite colonie distincte, le plus souvent réfractaire mais non hostile aux traditions locales.

Généralement ils tentent d'adapter leur genre d'existence propre aux conditions de vie locale pour ne pas heurter leurs hôtes mais ne s'intègrent à ceux-ci que dans la mesure où ils sentent qu'ils ne seront pas définitivement absorbés. Il leur arrive parfois de participer aux cérémonies coutumières populaires de leurs lieux de résidence mais ils assistent très rarement à leurs manifestations religieuses non musulmanes lorsqu'ils y sont conviés.

Ces derniers se sont pour la plupart, fixés dans les zones aménagées du bassin du Niger où ils ont été amenés du Burkina Faso par le colonisateur en vue de constituer un embryon du colonat qu'il voulait y implanter, tandis que les Ouoloff, originaires du Sénégal et venus en même temps que les Français, résident dans les villes importantes notamment à Kayes et à Bamako.

Le second groupe est constitué par des représentants de différentes autres ethnies étrangères : Haoussa, Samo, Toma, Guerzé, Maninka-Mori, Soussou, Djerma, Mandingo, Yourouba, etc., en provenance de divers pays africains: Burkina Faso, Guinée, Sénégal, Côte-d'Ivoire, Niger, Nigeria, etc. Ils constituent l'essentiel de la masse flottante dont le nombre est difficile à déterminer en raison de sa constante mobilité. Certains d'entre eux cependant finissent, à la longue, par se fixer définitivement au sein des groupes où ils se trouvent et adoptent alors sans réticence les traditions de ces groupes.

Ils finissent par s'assimiler aux autochtones au point que leur distinction ne peut s'effectuer que grâce à leurs patronymes qu'ils conservent toujours jalousement.

Ils constituent dans les statistiques démographiques la rubrique appelée ''Divers''

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